Cinquième rendez-vous avec l'Homme. Troisième avec Maryvonne Isobel Campbell. Les heures qui précèdent cette nouvelle rencontre sont toujours aussi longues, et l'on rêve déjà en découvrant les reviews des premiers gigs de cette seconde (deuxième?) tournée :
Isobel asks him why he is always dressed in black and why he never wears green or grey.
Lanegan answers: "sorry not gonna happen!"
Then Isobel says that some friends told her that Lanegan sometimes wears red.
Lanegan starts laughing and answers "only when I'm at home in a festive mood"
Hasselt show, 28/11/08.
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Voilà le fantasme absolu des groupies de Lanegan. L'entendre parler. Quand d'autres rêvent d'un strip-tease de Christophe Maé ou prient pour que la naissance de son enfant soit un fake.
Avec le grand Mark, on a déjà tout : les tournées qui s'enchaînent comme les collaborations, son statut de célibataire endurci, les petites salles, la classieuserie, les grands morceaux reconnus par tous les vrais amoureux de musique. Sauf que. Sauf que tel un wombat apeuré, il ne chante qu'avec les yeux fermés et ne dit strictement rien de tout le set, et ce depuis... Longtemps. Comportement qui enchante d'ailleurs ses détracteurs.
Bref, j'avais déjà évoqué ces sujets dans les reviews des quatre précédents concerts, je l'ai encensé quatre fois de suite, et l'ai demandé en mariage une cinquantaine de fois. Que dire de nouveau cette fois-ci?
Très belle soirée. Aucune déception. Un superbe et inattendu Creeping Coastline of Lights. Une Wedding Dress jouissive. Un joyeux M.L qui garde cette capacité à captiver le public, à transformer le concert en une sorte de messe, où les fan'z déjà conquis se recueillent jusqu'à la toute dernière note de chaque morceau. Cette soirée, c'était une petite bulle, un univers cotonneux, qui a commencé à se mettre en place dès la première partie, avec Marie-Flore. La douceur incarnée. Des transitions un tantinet eugneu tout de même, comme le témoigne le superbe: "Alors cette chanson s'appelle Streets, ça parle des rues, les rues dans lesquelles on marche, les rues dans lesquelles on rencontre des gens, et quand on rencontre des gens, bah... Heu voilà, les rues, enfin The Streets quoi". Gniiii. Cassedédi au wombat de l'Est, cette fille est faite pour toi.
J'admets tout de même être tombée amoureuse de ses morceaux.
Court instant consacré à la mise en place du matériel des deux comparses. A noter, cette réflexion de ma fidèle compagnonne de concert : "Rooh, ils changent même pas de roadie, c'est le même qu'il y a deux ans".
Normal. C'est leur bassiste.
Claire, one point.
Rencontre avec un aimable jeune homme, trop aimable d'ailleurs pour que ce ne soit pas louche. A une proposition d'envoi des premiers disques du cordial William Elliott Whitmore, sa réponse était donc limite prévisible: "Non mais euh, en fait, j'ai pas Internet". Wow.
Tous les habitués sont repérés, du trentenaire avec son blouson en cuir au quinquagénaire et sa coupe des années 80, en passant par le djeun'z discret et son sombre costume. Tous étaient là il y a deux ans, de même que pour les Soulsavers, ou encore les Gutter Twins. Ambiance étrange de retrouvailles avec des amis de vingt ans, qu'on ne connaît pourtant pas. Un échange de regards suffit pour se saluer. Tout le monde s'apprécie déjà et les discussions s'engagent facilement, plus ou moins pointues.
Comme d'habitude, deux camps se tiennent côte à côte: les fans de Campbell à gauche, les groupies de Lanegan à droite. A noter, la présence étonnante et furieusement saoûlante de deux collégiennes / putes à frange collées à la scène, qui ont bien entendu passé la soirée à pousser des cris après chaque photo réussie de Lanegan. Nécessaire de préciser que chacun de leur cliché était accompagné d'un flash?
Gardons le meilleur pour la fin: cet asiatique, accroché à son appareil numérique comme si sa vie en dépendait, mitraillant notre ex-blonde neo-rousse (ou une couleur apparentée), tout le long des morceaux. Encore une fois, le flash s'imposait. Le must, la cherry on the cake, ce fut le moment où je me suis aperçue de ce qu'entre chacune des chansons, mon nouveau poulain mettait en route le mode vidéo et suivait tous les faits et gestes de l'innocente Isobel Campbell. J'ai bien envie de dire qu'il bat tous les fous que j'ai pu rencontrer dans une fosse de concert. Du lourd. Alors bon, à la question "Mais que va-t-il faire de ces 786 photos?", j'ai bien une réponse, mais l'auto censure s'impose.
Revenons à notre fantasme absolu. Un fantasme, ce n'est pas fait pour être réalisé, dixit Mister Laquais lors du cours de philo sur le désir (ah ah, les souvenirs en mousse). Pourtant, il l'a été. En partie.
Mettons-nous en situation: Do You Wanna Come Walk With Me? débute (hiiiii), toujours aussi émoustillante. Des voix s'élèvent dans le public, du côté de Campbell. Personne n'y prête attention au départ. Ces éclats de voix devenant de plus en plus menaçants, la timide Isobel daigne enfin réagir en ouvrant de grands yeux effarés vers le premier rang, puis vers Mark Lanegan, qui continue tranquillement "If you do baby say it now" (hiii²), etc.
Elle décide enfin de s'arrêter, ce qui force le Lanegan à ouvrir les yeux. "Oooh, they're fighting! It must be your fans, not mine!"
Il sourit.
Oui oui, il sourit.
Tout le monde prend conscience du moment historique auquel on assiste. Lanegan sourit. Bon alors là, des cris, des applaudissements, des gens qui ne comprennent pas comment cela a pu se passer.
Les djeun'z fous se calment, le morceau reprend, les plantages se multiplient, elle pouffe, elle inverse les paroles, le guitariste joue deux mesures de trop, Lanegan reste impassible. Les derniers accords sont joués. Campbell part dans un fou rire, le public laisse éclater sa joie de les voir enfin réagir à ce qu'il se passe dans la salle.
Lanegan grimace, nous applaudit. Il sourit, encore.
Le concert se poursuit merveilleusement bien. Trop court, une fois de plus. Il se termine avec des "Thanks", et des "Good night". Tout le monde s'est regardé à cet instant précis, du style "Non mais c'est vraiment lui?"
Tentative avortée de sitting après le concert. Ce sera pour la prochaine fois. I hope so.
En résumé : belle soirée, bien au-dessus de nos attentes. Une seule grande envie de meurtre.
What else? Des projets. Un sombre alboum en préparation avec les Soulsavers, et surtout, surtout, un album solo. Un Bubblegum II. Avec des concerts comme celui-ci:
Hâte.
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